UNE GUERRE DE PROPAGANDE

L'entrée en guerre est marquée par un important mouvement patriotique d'union nationale jusque dans la classe politique. En France, c'est l'Union sacrée, en Allemagne le Burgfrieden.

Mais, dans la poursuite de la guerre, les gouvernements doivent s'assurer que l'opinion publique y reste favorable. Il leur faut veiller aussi bien au moral des soldats au front qu'à celui de la population civile restée à l'arrière. Un argument est mis en avant : c’est le camp adversaire qui a rendu la guerre inévitable. Le bellicisme de l’autre est opposé à des protestations de justice et de paix.

En France, on emploie l'expression "guerre du droit" pour souligner le fait que c'est l'Allemagne qui a agressé une France obligée de se défendre. Les affiches dénoncent alors l'inculture, l'hypocrisie voire la barbarie de l'ennemi.

Tout au long du conflit, il faut entretenir auprès de la population la certitude de la victoire et combattre le défaitisme afin d’éviter un relâchement de l'effort de guerre. Les affiches sont alors utilisées pour démontrer l'affaiblissement de l'ennemi, ce qui confirme l'imminence de la victoire.

« Ce qu’il resterait de l’Entente… », s.d., F. Klimesch, Imprimerie Dietrich Reimer (Ernst Vohsen), Berlin. AVCUS, 502 Fi 289.

L’affiche titre : "Ce qu'il resterait de l'Entente, si elle prenait au sérieux l'autodétermination de ses propres peuples et lâchait les rênes".

« Sommes-nous les barbares ? », 1916, Louis Oppenheim, Imprimerie Dr. Selle et Co., Berlin. AVCUS, 502 Fi 265.

La comparaison des dépenses sociales, du nombre d'analphabètes, des dépenses pour l'éducation, de l'édition, des prix Nobel et des brevets en Allemagne, en Angleterre et en France cherche à démontrer la supériorité culturelle de l'Allemagne. Au-dessus du titre figure le portrait de Goethe dans un médaillon.

La guerre est l'industrie nationale de la Prusse, 1917, Maurice Neumont, P. G. Gallais et Co., Paris. AVCUS, 503 Fi 16.

La carte de l'Europe montre l'expansion territoriale de la Prusse depuis 1715. La Prusse est représentée comme une pieuvre coiffée d'un casque à pointe dont les tentacules s'étendent sur tout le continent. Les territoires français et belges occupés par l'armée allemande sont représentés en pointillés. A droite un dessin figure l'augmentation progressive de l'armée allemande entre 1715 et 1914.